Rosacée chronique : voici la seule routine de soins qui fonctionne sur ma peau

Photo via @talontedlex
J'ai beaucoup de souvenirs de mon enfance avec ma peau rose, mais il y en a qui m'ont réellement marquée. Je faisais beaucoup de sport à l'école et je me souviens que je me demandais pourquoi mon visage était si rouge par rapport à celui des autres filles de ma classe, mais comme ma famille avait un teint similaire, j'ai arrêté de me questionner. Quand j'allais à l'université, mes soirées étaient raccourcies par des virées aux toilettes pour asperger d'eau froide mon visage rouge et en feu. Arriver en retard dans un amphithéâtre bondé déclenchait des bouffées vasomotrices qui duraient des heures, et rester à l'intérieur pour un grand dîner avec mes colocataires provoquait un visage gonflé et parsemé de pustules.
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J'étais perdu. Je n'avais jamais eu de problème de peau. En fait, je n'avais même jamais envisagé une routine de soins de la peau. J'ai supposé que la rougeur excessive devait être une réaction allergique ou une infection quelconque - quelque chose de temporaire et facile à soigner. Vous pouvez donc imaginer ma surprise lorsque le médecin généraliste de l'université m'a expliqué : "C'est de la rosacée - et il n'y a pas de remède".
Selon le Dr Justine Kluk, dermatologue consultante basée à Londres, la rosacée est une affection cutanée de longue durée associée à des rougeurs et des bouffées vasomotrices sur le visage. "Cela apparaît souvent vers 30 ans et est plus fréquent chez les personnes à la peau claire", explique-t-elle. Alors, quelles en sont les causes ? "Il existe un certain nombre de facteurs qui contribueraient au développement de la rosacée", poursuit le Dr Kluk. "Il s'agit notamment de la génétique, des anomalies des vaisseaux sanguins, des influences hormonales, des micro-organismes et du régime alimentaire. Mais c'est bien plus qu'un simple visage rouge".
En gros, le Dr Kluk identifie quatre types différents de rosacée, qui peuvent se chevaucher : la rosacée érythémato-télangiectactique (rougeur, bouffées vasomotrices et dilatation des vaisseaux sanguins), la rosacée papulo-pustuleuse (éruptions de type acné), la rosacée phymateuse (gonflement et épaississement de la peau, par exemple du nez) et la rosacée oculaire (yeux granuleux et paupières gonflées). "Cela commence souvent par une tendance au flush ou au rougissement faciles du visage", explique le Dr Kluk. "Avec le temps, les personnes atteintes peuvent développer une rougeur permanente du nez et des joues ainsi qu'une multitude d'autres symptômes désagréables, tels que des boutons, une sécheresse et une desquamation de la peau, une sensation de brûlure et de picotement, et une sensibilité à de multiples produits de soins de la peau".
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Avec le temps, j'ai trouvé des médecins généralistes et des dermatologues qui étaient bienveillants, empathiques et instructifs au sujet de ma rosacée. Mais malheureusement, mon premier cheminement à travers la rosacée a été solitaire. Après ma première visite chez le médecin généraliste, je me suis sentie dévastée. Je suis partie avec peu ou pas d'informations, un gel médicamenteux (qui me brûlait la peau et qui a ensuite empiré les choses), et le sentiment d'avoir fait perdre son temps au médecin avec quelque chose d'aussi superficiel.
De nos jours, il est impossible d'ouvrir un navigateur Internet sans tomber sur une maquilleuse, une blogueuse ou un dermatologue qui partagent des conseils sur les meilleurs soins à apporter à de multiples problèmes de peau, y compris la rosacée. Mais au début des années 2000, nous étions limités aux ami·es, à la famille et aux magazines, et une grande partie des conseils étaient subjectifs. Je ne connaissais personne d'autre ayant ce type de problème et je ne pouvais dire à personne ce que je ressentais vraiment à propos de ma peau. J'ai fait beaucoup de recherches en ligne et j'ai fini par trouver des forums américains où des gens "normaux" comme moi expliquaient leurs succès et leurs échecs face à la rosacée. Cela m'a mis sur la voie longue et sans fin de la découverte de mes déclencheurs.
Le Dr Kluk identifie l'exposition au soleil, les vents violents, le stress, l'exercice physique intense, la caféine, l'alcool et la nourriture épicée comme des facteurs potentiels. Au cours des 14 dernières années, j'ai changé presque tous les aspects de ma vie pour lutter contre la rosacée : mon alimentation (moins d'alcool, très peu de produits laitiers, moins de sucre), sans parler de mon mode de vie (pas de douches ni de bains chauds, un minimum de coiffure à la chaleur et en évitant les températures extrêmes). J'ai également appris à gérer ma santé mentale, comme l'anxiété professionnelle et sociale et à gérer les problèmes d'estime de soi, et j'ai lancé un blog consacré à la rosacée parce que je voulais fournir les informations et le soutien que je n'avais pas eu il y a 14 ans.
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Et puis, il y a les soins de la peau. Ma peau a besoin de simplicité et de cohérence. En plus de la rosacée, je souffre de dermatite séborrhéique, donc les produits que j'utilise doivent être vraiment efficaces ! J'ai longtemps été une obsédée des produits beauté pharmaceutique français et des marques comme La Roche-Posay, Avène et Bioderma ont toujours occupé une place très importante dans ma routine. Mon traitement spécifique ne convient peut-être pas à toutes les personnes atteintes de rosacée, mais voici ce qui m'aide vraiment.
Ma routine de soins du soir contre la rosacée
Le soir, je nettoie ma peau avec le dermo-nettoyant Toleriane de La Roche-Posay (12,10 €), qui enlève le maquillage sans laisser de sensation de tiraillement ou de chaleur sur ma peau. Je poursuis avec un sérum d'acide hyaluronique comme le Hyalu B5 de La Roche-Posay (34,10 €), et un simple hydratant comme le Toleriane ultra-fluide de La Roche-Posay (17 €). À 35 ans, je commence à déceler les premiers signes de vieillissement, c'est pourquoi je prends aussi un faible taux de rétinol deux fois par semaine. Dans le passé, j'ai été ravie par le traitement antirides au rétinol Redermic [R] de La Roche-Posay (22,14 €), mais depuis peu, j'utilise le Crystal Retinal 6 de Medik8 (75,50 € 52,85 €), et j'adore.
Le rétinol (et ses dérivés de la vitamine A) peut transformer la peau mais, comme la plupart des ingrédients utilisés dans le traitement de la rosacée, il nécessite de nombreuses recherches et doit être utilisé avec précaution, car il peut entraîner une sensibilité de la peau, notamment des purges, des desquamations et des rougeurs. Si vous avez du mal à mettre en place une routine de soins de la peau, il peut être judicieux de consulter un·e dermatologue qualifié·e.
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Ma routine matinale de soins contre la rosacée
J'utilise généralement le même nettoyant, sérum et hydratant que dans ma routine du soir, puis l'étape la plus importante : le SPF. Je suis très pointilleuse sur le SPF, car il doit fonctionner sous le maquillage et ne peut pas laisser une sensation d'étouffement sur ma peau. Mon produit préféré est la crème solaire fluide 50+ Anthelios de La Roche-Posay (15,70 €), mais je suis également fan de la Sheer Mineral UV Defense SPF 50 de SkinCeuticals (47 €), pour une protection avec un fluide léger d'aspect naturel.
J'ai également dans mon arsenal quelques produits de correction rapide pour les poussées de rosacée, qui aident tous à refroidir et à apaiser ma peau lorsqu'elle s'enflamme. Le Atoderm SOS Spray de Bioderma en 50 ml (8,34 €) fonctionne bien pour apaiser les démangeaisons piquantes et vit dans mon sac à main. Je garde un pot du Phyto Corrective Masque de SkinCeuticals (84 €) au frigo et je l'applique si ma peau est chaude et tendue. Mon sauveur ultime est le baume B5 Cicaplast de La Roche-Posay (8,60 €). Il aide à réparer la barrière cutanée, diminue l'horrible sensation de tiraillement, hydrate et est si doux qu'il peut être utilisé sur les éruptions et les brûlures.
Bien sûr, cette routine a été perfectionnée par des essais et des erreurs. Si les bouffées vasomotrices sont votre symptôme le plus gênant, le Dr Kluk mentionne que des médicaments oraux, utilisés autrement pour les bouffées d'anxiété ou de ménopause - bêta-bloquants ou clonidine, par exemple - peuvent être recommandés. Elle continue : "Les rougeurs et les boutons peuvent être réduits par des crèmes ou des gels contenant des antibiotiques ou de l'acide azélaïque. La crème à l'ivermectine est un nouvel ajout à la gamme des agents topiques pour la rosacée, tout comme le gel de brimonidine, qui améliore les rougeurs en provoquant une constriction des vaisseaux sanguins dilatés. Si ces mesures n'apportent pas un soulagement suffisant, les vaisseaux visibles peuvent être ciblés très efficacement avec des lasers vasculaires".
La rosacée n'a pas de remède et, si j'ai appris quelque chose, c'est qu'elle nécessite beaucoup de soins. Mais je suis convaincue qu'elle peut être contrôlée. J'espère que mes écrits et mes réseaux sociaux offrent des conseils utiles sur le mode de vie, le maquillage et les soins de la peau, mais surtout, j'espère pouvoir démontrer que vivre avec un problème de peau ne signifie pas forcément se cacher ou avoir honte de son visage. Une peau atypique n'est pas la chose la plus importante ou la plus intéressante chez nous. Elle doit être normalisée, c'est pourquoi je ne laisserai plus ma peau me définir ou me contrôler.

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