Solitude : ses différentes formes & comment les combattre

Photo par Poppy Thorpe.
Il y a trois mots que j'utiliserais pour décrire 2020. Le premier est évidemment "confinement". Bien que je ne l'aie jamais utilisé auparavant, due à la pandémie, il fait désormais partie de mon vocabulaire quotidien, mais aussi de celui de tout le monde.
Le deuxième mot que je choisirais est "solitude". 
Cette année, en raison de la pandémie, les bureaux ont été fermés, les gens se sont habitués au télétravail, les familles ont été séparées, les réunions sociales ont été annulées, les bars et les restaurants fermés, et les conditions de vie ont été modifiées. Dans un pays où 16 % de la population vit déjà seule, cela a créé un grand potentiel de solitude ainsi qu'un gros impact sur la santé mentale.
Publicité
La solitude ne m'est pas étrangère. Ce sentiment a traversé toute ma vie, au fil des expériences que j'ai vécues. Le début de la pandémie a apporté mon plus récent - et difficile - combat.

Si vous vous sentez seul.es, vous pensez peut-être que les gens ne veulent pas vous parler. C'est compréhensible, mais les recherches montrent que, le plus souvent, les gens sont beaucoup plus heureux après avoir eu une conversation avec quelqu'un.

La fin de 2019 et le début de 2020 ont été marqués par la maladie pour moi. J'ai passé six mois au lit en raison de la progression de ma maladie chronique. La plupart du temps, j'étais seule et pourtant, ce n'est que lorsque j'ai commencé à me sentir mieux que la solitude a commencé à vraiment s'installer. Je vis actuellement dans un pays différent de celui de la plupart de mes ami·es. Je ne pouvais pas leur rendre visite pour cause de maladie et je n'avais pas l'énergie nécessaire pour garder activement le contact. Lorsque la pandémie a frappé, j'étais déjà en arrêt de travail depuis de nombreux mois et la stimulation intellectuelle et créative que je recevais dans mon boulot me manquaient. J'ai vite compris que ma solitude était définie par ce manque de stimulation et de connexion que m'apportaient mes ami·es et collègues. Je me suis rendu compte que j'étais intellectuellement seule - et cela n'a été qu'exacerbé par la crise du coronavirus.
La solitude est une sensation complexe et, tout comme les besoins des gens diffèrent, le type de solitude qu'ils ressentent peut aussi varier. Vous luttez peut-être contre la "solitude émotionnelle", autrement dit "l'absence d'une relation significative avec un partenaire ou un ami proche", explique Lexy Matthews, responsable communication au sein de Campaign To End Loneliness. "Vous pouvez ressentir ce type de solitude même si vous êtes dans une relation amoureuse ou entouré de gens, mais vous avez l'impression de n'avoir de lien significatif avec aucun d'entre eux".
Publicité
Il existe également un type de solitude que Lexy appelle "solitude sociale". Il s'agit, me dit-elle, de "l'absence d'un réseau social plus large d'amis, de famille, de voisins ou de collègues". Selon elle, de nombreuses personnes luttent contre la solitude sociale pendant la pandémie car elles n'ont pas pu sortir et interagir avec leur réseau social autant qu'elles auraient pu le faire auparavant.
Votre solitude peut également être causée par un manque d'intimité : ce lien physique ou émotionnel particulier que vous partagez avec une autre personne. Les couples étant séparés par la pandémie et les relations s'effondrant sous la pression, il n'est pas étonnant que ce phénomène se soit également aggravé au cours des derniers mois.
Être capable de reconnaître la forme de solitude dont vous souffrez, et donc de repérer ce qui manque à votre vie, peut vous aider à la combattre. Selon Lexy, il n'est cependant pas rare de ne pas se rendre compte que l'on se sent seul·e dans un premier temps. "Cela peut sembler et se ressentir différemment pour chacun, car les sentiments de solitude sont personnels et subjectifs. La technologie et les réseaux sociaux peuvent faciliter la dissimulation des émotions, limiter les interactions sociales et éviter les conversations réelles et significatives, en particulier pendant la COVID, où nous dépendons tellement de la technologie pour rester en contact". Elle ajoute que notre aversion à parler de la solitude nous empêche de comprendre pleinement nos sentiments. "Les personnes qui vivent la solitude ne veulent souvent pas admettre ce qu'elles ressentent. Cela peut être une expérience décourageante, et la fierté et l'indépendance sont importantes pour beaucoup d'entre nous, alors demander de l'aide peut être encore plus difficile".
Publicité

La solitude est une émotion humaine normale ; c'est simplement le signe d'un désir de contact avec les gens. Ce n'est pas un échec personnel.

Heureusement, il existe des options si vous constatez que la pandémie vous a fait ressentir une quelconque solitude. Lexy vous recommande de prendre le temps de bien réfléchir aux besoins personnels qui ne sont pas satisfaits. Avez-vous besoin d'être au contact de quelqu'un ? De petites conversations ? De reconnaissance émotionnelle ? Alors pensez à qui pourrait vous aider à y remédier. "Vous pourriez commencer par un texto ou un appel pour discuter. Souvent, si vous vous sentez seul, vous pensez que les gens ne veulent pas vous parler. C'est compréhensible, mais les recherches montrent que, le plus souvent, les gens sont beaucoup plus heureux après avoir eu une conversation avec quelqu'un".
Le confinement et les restrictions sanitaires qui en découlent ont peut-être freiné les rencontres en personne, mais ils ont donné naissance à un monde d'interaction en ligne en plein essor. "Il y a eu un boom de clubs de lectures virtuels, de quiz, de chorales et même de cours de danse", explique Lexy. "Découvrez quels sont vos centres d'intérêt et quelles sont les activités virtuelles dans votre région, puis, avec un peu de chance, lorsque nous nous retrouverons face à face, vous aurez noué de nouvelles relations et amitiés virtuelles dans votre région, que vous pourrez consolider en personne".
Lexy souligne qu'il est utile de trouver ce qui fonctionne pour vous et ce qui vous permet de vous sentir "épanoui et connecté".
"Je pense que le plus important est de rester en contact avec ceux qui vous entourent, de quelque manière que ce soit qui vous convienne". Elle me rappelle également que "la solitude est une sensation humaine normale ; c'est simplement le signe d'un désir de contact avec les gens". Ce n'est pas un échec personnel et il est important de ne pas se blâmer de ressentir cela".
Publicité
Le troisième mot que j'utiliserais pour décrire 2020 est "espoir". La crise du coronavirus a bouleversé nos vies, de notre façon de travailler et d'apprendre à notre façon de faire de l'exercice et de nous socialiser. Elle a causé beaucoup de difficultés et de souffrances à beaucoup de personnes. Mais si ce traumatisme a été difficile à supporter, le bouleversement offre une opportunité de changement. La bonne nouvelle, c'est que la pandémie ne durera pas éternellement et, avec la promesse de vaccins à l'horizon, la fin pourrait bientôt être proche.
Donc, pour l'instant, il faut se concentrer sur l'objectif final. Si vous ressentez de la solitude, réfléchissez à ce dont vous avez besoin et prenez des mesures pour y répondre. Appelez votre famille, contactez vos ami·es, n'oubliez pas de penser à vous - nous nous en sortirons ensemble.
Si vous luttez contre la solitude et que celle-ci a un impact sur votre santé mentale, veuillez contacter votre médecin traitant ou SOS Solitude.

More from Mind