Et si 2022 était l’année où vous investissez dans un·e coach de carrière ?

Photo par Alexander Suhorucov
Si vous n'avez pas quitté votre emploi l'année dernière, il y a de fortes chances que vous y ayez pensées. En France, selon une enquête de VISIPLUS Academy, BVA et LHH, 49 % des actifs ont déjà envisagé, initié ou réalisé une reconversion professionnelle en juin 2021. L'afflux de personnes qui repensent leur travail a eu un impact plus que positif sur le secteur de coaching professionnel, en plein essor depuis quelques années déjà.
Mais qu'obtenez-vous réellement en échange de votre argent lorsque vous consultez un·e coach professionnel·le, appelé aussi coach de carrière ou coach d'affaires (business coach) ? Et les conseils (souvent coûteux) apportent-ils réellement des changements significatifs ?
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Comme beaucoup de jeunes diplômé·e·s, Chandni, 25 ans, ne savait pas ce qu'elle voulait faire comme métier. "Après des études de psychologie, j'ai travaillé dans les assurances, puis dans la vente de voitures et j'ai erré pendant environ un an et demi", raconte-t-elle. "Et puis j'ai compris que ce n'était pas ce que je voulais faire. C'est par hasard que je suis tombée sur un poste d'assistante sociale". Après s'être épanouie dans ce rôle - axé sur les troubles de l'apprentissage - elle est passée à un domaine qui lui convenait mieux, centré sur les sans-abri, la toxicomanie et la santé mentale.
C'est là qu'elle a rencontré Judy Bullimore, experte et coach de carrière. "Honnêtement, je parle du coaching professionnel à tous mes amis", explique Chandni. "Vous ne savez pas ce que vous voulez faire tant que vous n'avez pas reconnu vos points forts et ce en quoi vous êtes doué. Et à travers ça, vous apprenez ce qui vous passionne, et ensuite vous saurez quoi faire. Je pense qu'il est tellement facile aujourd'hui de rechercher un job sur Indeed et de postuler à tous les emplois possibles, mais cela ne vous mènera nulle part. Et vous ne trouverez pas l'épanouissement que vous obtenez lorsque vous trouvez le job de vos rêves". En avril dernier, Chandni y est parvenue, admettant même que le travail lui manque lorsqu'elle n'y est pas. Et elle a triplé son salaire dans le processus.
"C'était un peu étrange. Une fois qu'elle m'a parlé de ce que je valais et de la façon dont je pouvais me développer davantage, j'ai quitté mon travail", se souvient-elle. "Et là, c'était presque comme si je savais que je voulais faire un investissement sur moi-même. J'ai donc commencé à travailler avec Judy dès que j'ai démissionné".
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Il est tellement facile aujourd'hui de rechercher un job et de postuler à tous les emplois possibles, mais cela ne vous mènera nulle part. Vous ne trouverez pas l'épanouissement que vous obtenez lorsque vous trouvez le job de vos rêves.

chandni, 25 ans
Avant la pandémie, Chandni a investi dans une session de coaching qui "était spécifiquement basée sur la préparation aux entretiens et le renforcement de la confiance en soi". Ce programme s'est avéré déterminant au cours des deux dernières années. "Les premières séances visaient à me faire comprendre quelles étaient mes compétences et à renforcer ma confiance en elles", explique-t-elle. "Nous avons travaillé sur une sorte de carte mentale sur ce à quoi je pensais être douée, et ce à quoi elle pensait que j'étais douée, et sur la compréhension des compliments que j'ai reçus d'autres personnes sur mon travail. Et puis une fois que nous avions fini de travailler cette partie, nous nous sommes concentrées sur la préparation aux entretiens et comment les aborder. Elle a une grande théorie sur la façon de parler de soi et des différentes situations pendant un entretien".

Cela a fonctionné. En 2020, Chandni est devenue la plus jeune responsable de la lutte contre la traite des êtres humains et l'esclavage moderne dans les Midlands de l'Est en Angleterre. Au début de l'année, elle a de nouveau utilisé les compétences acquises lors de ses sessions pour obtenir son poste actuel, qui consiste à gérer un projet de logement et de sensibilisation. Elle a commencé en avril et a été promue en juin. Aujourd'hui, elle a l'intention de suivre d'autres séances de coaching. "J'ai toujours envie de me développer. J'ai donc pensé à retourner voir Judy, peut-être dans un an environ, une fois que je me serai vraiment installée dans mon poste actuel et que je serai prête à passer à autre chose, lorsque j'aurai les compétences nécessaires pour me développer un peu plus et comprendre où je veux aller à partir de là".
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Au vu du nombre de travailleu·r·se·s qui ont envisagés de changer de travail ces derniers mois, s'interroger sur la prochaine évolution de sa carrière restera un dilemme courant en 2022.
Mais avec toutes les informations selon lesquelles les offres d'emploi n'ont jamais été aussi nombreuses depuis des années et que le marché du travail semble se remettre de la pandémie, on a l'impression que les nombreuses personnes qui restent sans emploi en France sont oubliées. La France comptait environ 2,4 million de chômeu·r·se·s au troisième trimestre 2021. Que faire si vous êtes au chômage et que vous ne trouvez pas un autre emploi ? Le désespoir peut laisser place à l'exploitation. Au Royaume-Uni, par exemple, des "coachs de carrière", qui proposent très souvent uniquement des séances en ligne, profitaient du chômage de masse causé par le changement de paysage économique de la pandémie. Les personnes désireuses de reprendre le travail se sont tournées vers des coachs professionnels, dont beaucoup via Instagram, pour obtenir des conseils et ont été déçues par des sessions bâclées et désorganisées.
Le problème est le suivant : le secteur du coaching n'est actuellement pas réglementé et tout le monde peut donc devenir coach sans qualification. Comme le secteur continue de se développer, il faut en être conscient·e avant d'investir son argent durement gagné. En France, on compte environ 1 600 praticien·ne·s sur le marché, dont 480 accrédité·e·s. La International Coaching Federation, organisme américain à but non lucratif (il existe également un équivalent en France), recommande qu'un·e coach débutant·e ait effectué 100 heures de pratique du coaching, plus 60 heures de formation. Elle s'emploie activement à promouvoir une meilleure éthique et de meilleures normes. En règle générale, il est sage de mener des recherches approfondies sur les qualifications d'un·e coach et de rechercher des témoignages authentiques.
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Vous devez vous assurer que vous vous sentez bien avec la personne dès la première ou la deuxième séance. Vous devez sentir que la personne va pouvoir vous soutenir et que son énergie correspond à la vôtre.

PATRI, 25 ans
Patri Delahunty, 25 ans, en a tenu compte avant de s'inscrire à une formation pour devenir coach de carrière. "J'ai fait en sorte de me rendre à la soirée portes ouvertes de la formation", explique-t-elle. "Ils semblaient absolument brillants. Mais bien sûr, j'ai aussi fait une vérification des antécédents, alors je me suis connectée sur LinkedIn et j'ai écrit à des personnes qui avaient suivi la formation". Ayant travaillé auparavant dans les RH, Patri a eu l'idée de sauter le pas après avoir vu un coach elle-même. Tout a commencé après avoir cherché de l'aide pour une anorexie mentale. "J'étais malade pendant la pandémie. Mais ça n'a plus d'importance - cela a fait de moi ce que je suis. J'ai depuis vaincu l'anorexie. C'était donc une bénédiction pour moi, car j'ai pu aller dans un hôpital psychiatrique. Je ne voulais voir personne pendant cette période où j'essayais de guérir". Une partie du processus de guérison a consisté à se rendre au Mexique toute seule. "Là-bas, cela m'a en quelque sorte poussée à sortir de ma zone de confort après ma maladie. Je voulais simplement être libre", dit-elle. Cela l'a incitée à chercher un coach et à planifier son prochain projet. 
Patri a trouvé que le processus de recherche du "bon coach" pour elle était similaire à la recherche d'un·e thérapeute. Au départ, elle est allée voir une première coach, mais le feeling n'y était pas. Il y a huit mois, elle a trouvé la bonne personne et a commencé à voir son coach une fois par mois. "J'ai pu m'organiser et voir ce que je voulais vraiment. Cela m'a permis d'éliminer tous les obstacles que je m'étais imposés", explique-t-elle. "Et puis juste se dire : ok, je veux franchir cette étape cette semaine. Et se demander, que puis-je faire chaque jour pour développer mon business plan ? Et que puis-je faire tous les jours pour avancer ? Au lieu de rester bloquée et de se répéter la même chose car cela ne nous aide pas à avancer".
Avec une licence et deux masters à son actif, Patri admet : "Pour être honnête, je n'ai jamais su ce que je voulais faire". Elle a trouvé que le format étape par étape du coaching l'a aidée à façonner le type de carrière - et de liberté - qu'elle souhaite aujourd'hui. "Je compte créer mon entreprise, et j'ai d'ailleurs déjà commencé à travailler dessus".

Après avoir suivi sa formation de coach de carrière, Patri - qui a déjà commencé à pratiquer ses séances avec ses sœurs - pense qu'une bonne connexion avec un·e client·e est essentielle. C'est un point sur lequel elle insiste pour tou·tes·s celles et ceux qui envisagent de consulter un·e coach de carrière. "Vous devez vous assurer que vous vous sentez bien avec la personne dès la première ou la deuxième séance", conseille-t-elle. "Sinon, il ne sert à rien de payer cette somme d'argent si vous n'êtes pas vraiment sûr que cela va vous convenir. Vous devez sentir que la personne va pouvoir vous soutenir et que son énergie correspond à la vôtre".

Comme Patri, Chandni pense que ses séances ont été précieuses. "Je m'en suis servi lors de trois entretiens… Et je pense sincèrement que ça vaut le coup". Il semble bien que les deux femmes soient unanimes, comme le proclame Chandni : "C'est presque cliché de dire ça, mais c'est probablement la meilleure chose que j'ai faite pour moi". Consulter un·e coach de carrière peut donc être une excellente chose. Veillez simplement à faire vos recherches au préalable.

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