J’ai testé 30 méthodes pour booster ma confiance en moi

Illustrated by Assa Ariyoshi.
"Tenez-vous droite, épaules en arrière, rentrez le ventre", voilà les conseils que m'a donné mon coach de posture alors que j'essayais de simuler la confiance en moi devant un groupe de parfaits inconnus.  
Depuis l'âge de cinq ans, et peut-être même avant ça, on me dit que je devrais avoir plus confiance en moi. On me pousse à adopter cette version augmentée de moi-même. La tête haute et le dos bien droit, une sorte d'Anya 2.0. Mais ce qu'on ne m'a jamais vraiment expliqué, c'est comment y arriver. 
Selon un rapport mené par le projet d'estime de soi de Dove, intitulé "Real Girls, Real Pressure : A National Report on the State of Self-Esteem", sept filles sur dix estiment qu'elles ne sont tout bonnement pas compétentes ou qu'elles ne sont pas au niveau en termes d'apparence, de résultats scolaires et de relations avec leur famille et leurs amis. 
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Et malheureusement, les statistiques sont tout aussi déprimantes pour les adultes. Selon une étude de l’Ifop et du site d’informations Naturavox, seulement 22 % des Françaises se trouvent « jolies ».
Il y a six mois, j'ai décidé que je voulais apprendre à avoir plus confiance en moi. J'ai donc demandé à des amis, des collègues, des membres de la famille et même à un ancien professeur ce qui, selon eux, avait le plus participé à augmenter leur confiance en eux. J'ai ainsi obtenu une liste de 30 suggestions et, au cours des mois qui ont suivis, je me suis appliquée à toutes les essayer. C'est ainsi que je me suis retrouvée, lors d'un cours de "perfectionnement de la posture", à tenter de "rectifier la position de mes omoplates" pour que ma poitrine puisse se déployer dans ce qui devait être une expression de confiance. 
Je ne suis jamais retournée à ce cours, bien que mon amie Rosie, qui me l'avait suggéré, m’ait dit que cela l'avait beaucoup aidée à animer des conférences professionnelles. J'ai toutefois continué avec les 29 autres suggestions. Certaines étaient très simples : aller chez le coiffeur. D'autres étaient excitantes : essayez la boxe. Et d'autres encore étaient terrifiantes — au point d’en avoir l’estomac noué des semaines avant la date fatidique.

Commencer petit

Commençons par les suggestions les plus simples. Ce sont celles que j'ai gardées pour les jours où je ne me sentais pas au top de ma forme, quand il aurait été impossible de me forcer à faire des exercices plus intenses (comme aller seule à une fête).
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Ces jours-là, j'ai préféré travailler sur des exercices "peu risqués", comme la récitation d'affirmations positives, la prise de poses de pouvoir devant le miroir et l'écoute d'un enregistrement d'hypnose. Ces exercices ne me poussaient pas à sortir et à crier au monde ma présence, mais favorisaient plutôt une douce rébellion contre le discours négatif que je tenais à mon égard.
J'ai rencontré un succès relatif avec chacune de ces méthodes. Ma méthode préférée a été la récitation d'affirmations positives. Chaque matin, pendant plusieurs semaines, j’analysais ce que je ressentais ; bien trop souvent, c'était quelque chose dans les lignes de "Je ne suis pas à la hauteur". J’essayais alors de tourner cette pensée en une affirmation positive ; "J’en vaux la peine et il n'y a rien que je ne puisse accomplir".
J'écrivais cette pensée, puis je me mettais devant le miroir, je me regardais droit dans les yeux et je me la répétais encore et encore pendant cinq minutes. Il ne suffit pas de dire les mots — il faut les dire de façon à ce qu’on puisse vous croire. 
"Le fait de répéter des affirmations positives permet de rééduquer votre subconscient à croire quelque chose de nouveau", me dit Poppy Delbridge, coach en pensée positive. Si vous vous "parlez" d'une nouvelle manière consciemment et de manière répétée, vous pouvez perturber le vieux discours mental en créant de nouvelles voies neurales (les voies par lesquelles notre système nerveux communique et contrôle notre corps) dans votre cerveau et en rééduquant votre façon de penser, et donc d'agir".
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De quoi j’ai l'air ?

Plusieurs personnes m'ont suggéré de changer de look pour me redonner confiance en moi, surtout pour ce qui est de sortir ou de se faire de nouveaux amis.
"Je passe systématiquement chez le coiffeur quand je me lance dans quelque chose de nouveau, que ce soit un date ou un entretien d'embauche", m'a confié une ancienne camarade de classe, en me rappelant que si la coupe de cheveux post-rupture est un cliché, il y a bien une raison. Quand j'ai demandé à mon coiffeur de couper mes longs cheveux blonds en un carré chocolat, il m'a regardé avec pitié et m'a demandé: "Oh, mais qui t'a brisé le coeur ?" 
Je suis une habituée du salon de coiffure (tout ce que je dirai, c'est que mon blond n'est pas naturel), mais cette fois-ci, j'ai fait attention à ce que je ressentais en quittant le salon : la façon dont je balançais les hanches au rythme du flottement de mes cheveux, la façon dont je me tenais un peu plus droite et souriais un peu plus aux autres et à mon propre reflet dans les vitrines des magasins en passant.
Est-ce que je me suis sentie plus sûre de moi ? Oui, ça ne fait aucun doute. Est-ce que ça a duré ? Oui, pendant au moins une semaine. "C'est pour ça que certaines personnes passent chez le coiffeur toutes les semaines", m'a expliqué mon amie quand je lui ai confié cette chute de confiance en moi. Et pour la première fois de ma vie, j'ai compris. 
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On porte tous des jugements hâtifs basés sur l’apparence et on sait que les autres en font de même. Ainsi, se tirer à quatre épingles — nos cheveux du moins — et reprendre le contrôle de son image, est le moyen le plus rapide de booster son estime de soi. Logique, non ?

Tendre la main aux autres

Une des suggestions à laquelle j’ai vraiment adhéré, c’est d’aider les autres. C’est l'une de mes anciennes profs particulièrement sûre d'elle qui m’a donné ce conseil. "Si vous ne savez pas comment faire quelque chose pour vous-même", m'a-t-elle confié, "faites-le pour les autres et ça vous viendra bientôt".
Bien sûr, il est toujours préférable d'aider les autres, mais la psychologie qui se cache derrière son commentaire m'a fascinée. Aider les personnes dans le besoin active le système mésolimbique, la partie du cerveau responsable des sentiments de récompense et de bonheur. Ainsi, en contribuant au bien commun, vous pouvez renforcer l'estime de soi et créer une relation positive avec vous-même.
Une autre suggestion au succès inattendu m'est venu d'une collègue qui m'a recommandé de contacter cinq personnes qui m'inspirent et de les inviter à prendre un café. Et c'est ce que j'ai fait, avec le sentiment évident que j'étais sur le point de ruiner ma carrière. Les cinq personnes ont répondu.
À l'exception d'une personne qui avait quitté la ville, je les ai toutes rencontrées autour d'un café et je suis toujours en contact avec deux d'entre elles. J'ai même reçu plusieurs grosses commandes d'articles grâce à cet exercice — dont une pour une publication à laquelle je voulais contribuer depuis déjà longtemps — et beaucoup de conseils vraiment utiles pour ma carrière. 
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Mais ce qui m'a le plus rassurée avec cet exercice, c'est qu'aucune des personnes que j'ai rencontrées ne correspondait au stéréotype de Miranda Priestly (le Diable s'habille en Prada) comme je l’aurais imaginé. Plusieurs avaient même l'air plus nerveuses que moi, et presque toutes m'ont demandé si elles avaient été utiles à la fin de notre rencontre.

Le fond du problème

Le point le plus terrifiant de tout le processus a été pour moi le cours de stand-up suggéré par ma cousine, qui s'y adonne ponctuellement. "Si tu peux te mettre (métaphoriquement) à nu sur scène et t'en sortir, tu peux le faire n'importe où", m'a-t-elle affirmé.  
Je me suis donc inscrite à un cours pour débutants et je m'y suis présentée quelques semaines plus tard, un noeud à l'estomac.
Contrairement à ce que je pensais, personne n'était là pour me pousser sur scène. Du moins, pas tout de suite. On a discuté de la façon de transformer une histoire en une anecdote intéressante. L’ambiance était détendue et amicale — mais la séance s'est terminée par le jeu d'un petit sketch.
Je me suis fait violence pour passer en premier et en finir une bonne fois pour toute, et ma prestation a été accueillie avec autant de rires que de silences (très) inconfortables. Mais quand mes cinq minutes se sont écoulées, je me suis rendu compte que je me fichais pas mal de la tournure de mes blagues, j'étais juste heureuse que ce soit terminé.  
C'est d’ailleurs l'un des principaux enseignements que j'ai tirés de cette expérience. Personne n'a le pouvoir de contrôler les émotions, les vôtres comme celles des autres. Mais vous devez tout de même vous affirmer et dire tout haut votre vérité. Croyez-moi, une fois que vous serez monté·e sur scène et que vous aurez essayé tant bien que mal de faire rire une salle remplie d'inconnus, plus rien ne vous fera peur.
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Ce que j’en retiens

La plus grande leçon que je retiens de cette expérience, c'est peut-être que ce n'est pas tant ce qu'on fait qui compte, mais plutôt la fréquence à laquelle on le fait. La confiance en soi, ce n'est pas quelque chose qu'on atteint une fois et qu'on garde pour toujours ; il faut y travailler encore et encore. C'est le travail de toute une vie.
C'est ce que confirme Lucy Baker, coach de vie. "La confiance peut se construire rapidement mais, comme toute forme de développement personnel, son fonctionnement est différent pour chaque individu et dépend de la quantité de travail que celui-ci est prêt à investir". Il est important de comprendre ce qui vous empêche d'avoir confiance en vous afin de pouvoir "surmonter ce blocage, voire même en venir complètement à bout", dit-elle. Ainsi, en repartant à zéro, vous pourrez enfin retrouver confiance en vous".
Je n'ai pas la capacité de prédire l'avenir, mais je sais que faire tout ce qui est en notre pouvoir pour affronter les événements de la vie avec confiance vaut mieux que n'importe quelle boule de cristal. 
Il y a tant de chose pour lesquels on doit convaincre dans ce monde. Mais ce qui compte le plus, c'est avant tout de se convaincre soi-même.
Les 30 choses que j'ai testées pour booster ma confiance en moi
1. Participer à un cours de posture 
2. Prendre la parole en public
3. Suivre un cours de stand-up
4. S'exercer à prendre des postures de pouvoir
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5. Réciter des affirmations positives
6. Aller chez le coiffeur
7. Lire You are a Badass de Jen Sincero 
8. Pratiquer le yoga nue
9. Consulter un coach de vie
10. Parler à un coach de comparaison
11. Prendre un cours de boxe
12. Aller à une fête toute seule
13. Envoyer un mail à cinq personnes que j'admire
14. Porter des sous-vêtements assortis 
15. Assister à un workshop beauté
16. Écrire mes croyances limitatives 
17. Lire Tremblez mais osez de Susan Jeffers
18. Définir mon objectif — mon "pourquoi"
19. Adopter l'éthique du "faire semblant jusqu'à ce que ça marche"
20. Porter des talons hauts
21. Jouer au netball (spoiler : j'étais nulle)
22. M'attribuer le mérite de mes réussites
23. Accepter les compliments plutôt que les repousser
24. Favoriser le contact visuel
25. Faire quelque chose que j'avais tendance à remettre à plus tard 
26. Écouter un enregistrement d'hypnose
27. Contrôler mon temps d'écran (identifier le contenu qui me fait me sentir mal dans ma peau sur les réseaux sociaux, et le bloquer)
28. Aider les autres 
29. Prendre un cours de danse
30. Partir en vacances toute seule (en Europe)

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