Transition : 7 aspects au delà de la transformation physique

Photo de Alexandra Gavillet.
Décider de subir une chirurgie de réattribution de genre est un évènement d’une extrême importance dans la vie d’une personne transgenre, car cela lui permet de vivre dans le corps qui correspond à son identité de genre, et non le genre qui lui a été assigné à la naissance. Mais la transition physique et la chirurgie en elle-même ne constituent qu’une part de l’expérience de transition, et la grande majorité se passe à l’intérieur.
Une fois qu’une personne entame sa transition — que ce soit en faisant son coming-out auprès d’un·e ami·e ou de sa famille, en prenant un traitement hormonal, ou en subissant une chirurgie de réattribution — elle doit alors « s’habituer à enfin être en accord avec la personne qu’elle savait être depuis longtemps — mais cela est maintenant visible aux yeux de tous, » explique Aydin Olson-Kennedy, directeur exécutif du Los Angeles Gender Center. La transition peut être la période la plus intéressante dans la vie d’une personne, » après elle, la façon dont une personne interagit peut sembler différente ; elle peut entrainer une perte ou un gain dans son statut social ; les relations évoluent, et bien plus encore, explique-t-il. « Si vous ne vous concentrez que sur la transition physique, ces expériences sont ignorées et elles ne sont ainsi pas validées. »
La transition du genre assigné à la naissance est un évènement tout aussi crucial que toutes les autres grandes étapes dans la vie — comme se marier, aller à l’université ou encore avoir un enfant — et cela peut chambouler tout votre monde dans la foulée, explique Dara Hoffman-Fox, thérapeute spécialisée dans la question du genre à Colorado Springs. « Le genre est omniprésent ; il s’invite dans chaque recoin de notre vie, à chaque minute et chaque seconde de chaque journée, qu’on le réalise ou non, » nous dit Hoffman-Fox. « Bien que beaucoup de patients soient conscients de l’importance de ce changement, ils ne réalisent pas complètement les implications avant de passer par le processus de transition. »
Plus loin, Olson-Kennedy, Hoffman-Fox, et Ryan Sallans, porte-parole transgenre et auteur, partagent certaines des nombreuses raisons qui font de la transition bien plus qu’un processus physique. « La dysphorie de genre et la transition médicale sont tellement nuancées que d’en parler comme s’il s’agissait d’une seule et unique expérience serait inexact, » explique Olson-Kennedy. En gardant cela à l’esprit, ils nous donnent ici quelques exemples de la façon dont on peut faire l’expérience de cette transition.

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