Mon ami·e m’a emprunté de l’argent mais ne m’a toujours pas remboursée

Cher Paco,
Mon ami·e me doit environ 350 $ (294 €). Cela fait un an. Nous ne nous parlons pas souvent, mais nous sommes ami·e·s depuis longtemps, et je lui ai déjà demandé plusieurs fois de me rembourser, ce qui est toujours gênant. Iel s'excuse et me dit qu'iel y travaille. L'argent est plus limité pour iel que pour moi. À ce stade, comment puis-je aller plus loin qu'un énième texto de relance ? Devrais-je prendre la peine d'aller plus loin ? Une autre amie a suggéré de faire appel à la cour des petites créances, mais cela me semble exagéré.
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Cette question me stresse vraiment, parce que je veux récupérer l'argent, mais je me sens tellement mal à l'aise de continuer à en parler. Il est déjà arrivé à quelques reprises qu'iel paye des boissons ou des collations, alors je devrais peut-être compter ces occasions dans la dette qu'iel me doit ? Comment puis-je en parler d'une manière qui n'est pas accusatrice, mais qui donne l'impression d'être très détendue, très amicale, pas du tout ennuyée ? Et si je lui rappelle et qu'iel dit "Bien sûr, je te rembourserai dès que possible" et qu'iel oublie à nouveau ? Je serai juste coincée dans ce purgatoire de maladresse. Parfois, je laisse passer ces choses, parce que j'ai l'impression que la paix vaut plus que le début de ce cycle de conversation inconfortable.
Je suppose que ma question porte autant sur l'argent que sur la psychologie humaine : pourquoi est-ce si compliqué de demander à un·e ami·e l'argent qu'elle ou il vous doit ? Cela me donne des maux d'estomac provoqués par l'anxiété. J'attache de l'importance à ma relation avec cet·te ami·e, et 350 $ (294 €) n'est pas une somme dont j'aurais absolument besoin pour survivre ou autre. Dois-je apprendre à m'affirmer davantage ? Est-il possible de surmonter le profond malaise que je ressens à l'idée d'obliger mes ami·e·s à me rembourser ?
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Chère personne mal à l'aise,
Comme vous tenez à votre amitié et que vous aimeriez être remboursée, vous devez avoir une conversation honnête mais empathique avec votre ami·e. Je sais que vous êtes très mal à l'aise à l'idée de demander à votre ami·e l'argent qu'iel vous doit. Malgré cela, il est possible d'avoir une conversation sans avoir l'air accusateur, et d'apparaître comme une personne détendue, raisonnable et amicale qui apprécie son amitié et veut être remboursée.
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Planifiez votre demande à l'avance

Dans un monde parfait, dès que vous le demanderez, votre ami·e vous proposera de vous rembourser intégralement, sur-le-champ. Mais il semble qu'iel ne puisse pas se permettre de tout rembourser d'un coup. Si c'est le cas, j'aborderais la conversation en me préparant à leur demander un plan de remboursement. Vous pouvez commencer par demander la moitié maintenant et l'autre moitié dans 30 jours et négocier à partir de là. Je pense que reconnaître ce qu'iel a payé en boissons et en snacks par une réduction est un geste généreux qui aidera à garder un ton amical dans la conversation.
Soyez prête à tenir bon si votre ami·e insiste pour payer la totalité de sa dette, mais plus tard. Votre objectif est de faire démarrer le processus de remboursement le plus tôt possible. Vous pouvez expliquer les avantages de payer un peu chaque mois - le paiement échelonné rend la situation plus gérable et moins stressante pour votre ami·e.

Répétez votre discours

Apprenez à parler d'argent en vous exerçant. Répétez la conversation à haute voix. Oui, à haute voix - ou même avec une autre personne. Vous sentirez l'inconfort dans votre corps lorsque vous prononcerez les mots, et le fait de remarquer votre réaction physique vous facilitera la tâche le moment venu et ne vous empêchera pas de délivrer votre message.
La manière exacte de formuler la conversation dépend de vous - et de votre amitié. Je dirais quelque chose comme : "Hey, je t'en ai déjà parlé plusieurs fois auparavant, mais j'aimerais parler des 350 $ (294 €) que je t'ai prêtés. Cela fait un moment maintenant, et j'aimerais vraiment être remboursée, mais je voulais aussi prendre de tes nouvelles. Quoi de beau ? Est-ce que tout va bien ?" 
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Explorez votre inconfort

Il est courant de ne pas se sentir à l'aise pour parler d'argent, mais il n'y a pas de raison unique et universelle à cela. Une personne peut se sentir mal à l'aise de concilier le contraste entre la nature transactionnelle de l'argent et la nature généreuse de l'amitié. Une autre personne peut se sentir mal à l'aise parce qu'elle pense que le fait de ne pas être remboursée est un signe que son ami·e ne se soucie pas d'elle.
Être une personne humaine sur Terre consiste en partie à essayer de se comprendre dans différentes situations. Il est essentiel d'explorer les raisons pour lesquelles nous sommes gêné·e·s afin d'éviter ces situations à l'avenir ou d'apprendre à les gérer avec grâce. En vous posant les questions suivantes, vous pourrez explorer les origines de votre inconfort. Comment vous sentez-vous spécifiquement lorsque vous demandez de l'argent qui vous est dû ? Pensez-vous que vous donnerez l'impression que l'argent est plus important pour vous que l'amitié ? Craignez-vous d'être perçue comme grossière, impolie ou peu généreuse ? Quelles histoires avez-vous entendues ou quelles situations avez-vous observées concernant des ami·e·s qui prêtent de l'argent et demandent à être remboursé·e·s ? Comment ces histoires ont-elles influencé vos sentiments à l'égard du remboursement d'argent ?
Il vous faudra peut-être du temps et une bonne dose de réflexion personnelle pour trouver l'origine de votre gêne, mais cela vaut la peine de l'explorer.

Créez des protocoles personnels pour des prêts futurs

Évitez de ressentir la même intensité de gêne à l'avenir en créant des règles personnelles pour des prêts à des ami·e·s. Lorsque vous vous fixez des règles pour prêter de l'argent, c'est un principe qui s'applique à une situation, quelle que soit la personne concernée, et il peut être plus facile de fixer des limites et de se sentir moins anxieu·se·x.
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Ma règle est que je ne "prête" jamais d'argent à un·e ami·e. Je ne lui donne qu'un montant que je peux me permettre d'offrir en cadeau. C'est une règle personnelle qui fonctionne pour moi. Elle me permet d'être généreux dans la limite de mes moyens tout en évitant complètement la possibilité de futures conversations sur les remboursements.
Vous pouvez également envisager d'établir des protocoles pour vous faire rembourser pour des choses plus petites, comme une addition dans un bar. Envoyer une demande de remboursement Lydia à des ami·e·s tout en étant en leur présence lorsque vous payez l'addition est une mesure simple qui permet d'éviter la gêne de demander de l'argent. L'application propose même de relancer les personnes qui ne vous ont toujours pas remboursées, ce qui vous permet d'éviter de devoir assurer des relances pénibles par vous-même.
Votre ami de la finance,
Paco

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