Serena Williams boycotte le dress-code de Roland Garros

Photo: Adam Pretty/Getty Images.
Si vous pensiez que Serena Williams s’abstiendrait de faire à nouveau scandale sur le court, vous pensiez mal.
Hier donc, pour son premier match contre Vitalia Diatechenko (qu’elle a remporté) Williams a fait son entrée dans une tenue Nike signée Virgil Abloh. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa tenue ne suit pas les règles imposée par la Fédération Française de Tennis. En effet, celles-ci imposent de porter une tenue entièrement blanche, quand la robe de Williams est à dominante noire, avec des accents et autres inscriptions en lettres blanches.
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On peut très nettement y lire les mots « Mère, Championne, Reine, Déesse ». Rien que ça. Ça vous rappelle quelque chose ? C’est normal, c’est la même robe que celle que Serena portait à cérémonie d’ouverture de Roland Garros, en version raccourcie.
L’année dernière déjà, on lui avait reproché son justaucorps, jugé inapproprié et irrespectueux par la FFT. Elle expliquera plus tard que la tenue lui avait été recommandée par ses médecins, pour pallier ses problèmes de circulation sanguine post-grossesse. Quand bien même, l’événement aura fait jurisprudence, et le règlement sur les tenues des sportifs aura depuis été endurci, avec obligation de porter une tenue principalement blanche. Et d’un blanc blanc (pas de crème ni de blanc oeuf qui vaille).
Qu’à cela ne tienne, Williams a encore décidé d’ignorer les règles, et à Roland Garros, et plus tôt cette année sur le court australien (et de porter du Nike à la cérémonie d’ouverture de l’US Open, rien que ça).
Comme d'habitude, plutôt que d’interpréter tout ça comme une volonté d’exprimer son style – ou d’améliorer ses performances – on va lui reprocher de vouloir se démarquer, ou carrément se moquer d’elle. Pas très anodin quand on sait que le tennis est en sport majoritairement... blanc.
La question est donc de savoir pourquoi est-ce que les athlètes noirs – et surtout les femmes noires – sont autant scrutées/ridiculisées/hypersexualisées/critiquées. Pourquoi est-ce qu’une athlète noire qui porte une tenue noire créée par un designer noir et dont la marque s’appelle Off-White fait autant parler d’elle ? La réponse est dans la question.
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