7 femmes racontent comment elles partagent leurs dépenses en couple

Cette année a forcé beaucoup d'entre nous à redéfinir nos priorités financières, et il n'existe pas encore de feuille de route claire pour nous aider à traverser la pandémie - mais notre expert en finances Paco de Leon est là pour nous aider à y réfléchir ensemble.
Le mois dernier, nous avons parlé de la façon d'aborder le partage des finances si l'une des personnes dans une relation gagne plus que l'autre. Cette semaine, nous avons demandé aux lectrices de Refinery29 non seulement comment elles définissent ce qui leur semble équitable, mais aussi comment elles calculent leur contribution au sein de leur couple – sur le plan financier et autre.
Publicité
DashDividers_1_500x100_3
Mallory, 24 ans
"Je suis enceinte, alors j'ai réduit mon temps de travail à 15 heures par semaine, ce qui représente 379 $ (320 €) de salaire net", explique Mallory. "Mon partenaire gagne 110 000 dollars (93 066 €) brut. Avant de réduire mes heures, je gagnais 45 000 $ (38 073 €) par mois."
"Nous divisons les courses et le loyer en deux, ce qui, honnêtement, ne me semble pas juste compte tenu de ce que nous gagnons", poursuit-elle. "Il dit qu'il veut qu'on soit une équipe, mais je me retrouve avec tellement moins au bout du compte. Il est aussi très économe et ne veut pas dépenser pour de belles choses, alors je finis par m'en occuper à 100 %. Il en profite, mais ne paie rien".
Elle et son partenaire sont en couple depuis quatre ans. Elle note qu'ils ne parlent pas souvent d'argent. Ils se sont déjà disputés sur les montants à dépenser et à épargner. "Il se concentre sur l'épargne, ce que je peux comprendre, mais je crois aussi qu'il est important de profiter du moment présent", dit Mallory. "Je suis un peu amer que la répartition ne soit pas proportionnelle aux revenus. Je suppose que je m'en veux de ne pas avoir abordé le sujet plus ouvertement."
DashDividers_1_500x100_3
Ariana, 29 ans
"Je gagne 127 808 $ (108,151 €) et lui 127 800 $ (108,141 €)", confie Ariana. Elle est avec son conjoint depuis six ans.
Actuellement, comme leurs revenus sont pratiquement égaux, ils partagent les dépenses à parts égales. "Mais nous n'avons pas toujours gagné le même montant -  à un moment donné, je gagnais presque 40K $ (33,840 €) de moins que lui, mais nous avons toujours tout partagé à 50/50", dit-elle. "La seule chose pour laquelle il payait plus était notre voiture, mais c'était parce que je devais rembourser un prêt étudiant. Maintenant que c’est fait, je partage le paiement de la voiture avec lui. Je ne pouvais pas avant parce que, une fois nos factures payées, il ne me restait pratiquement rien. Mais c'était trop de pression et de stress de ne pas partager à 50/50, et ça ne me semblait pas équitable. Ce n'est pas la faute de mon partenaire si je gagne moins, alors pourquoi devrait-il financer mon mode de vie ? On utilise parfois nos cartes de crédit (individuelles) pour obtenir des points. Ainsi, dans un premier temps, l'un de nous paie la note, mais ensuite, nous remboursons l'autre".
Publicité
Ariana affirme qu'ils ne se disputent jamais au sujet de l'argent. "Nous sommes tous deux responsables de nos finances, et nous sommes tous deux responsables d'avoir l'argent nécessaire pour couvrir nos factures et notre style de vie. Je ne pose pas de questions sur ses dépenses et il ne pose pas de questions sur les miennes", dit-elle.
Je dépense plus d'argent pour "nous", admet-elle. "Je meuble notre maison, je lui offre des cadeaux, je nous emmène au restaurant. Il dépense rarement de l'argent pour moi ou pour nous. Et ça peut me déranger - j'ai aussi envie d'être gâtée de temps en temps. Ou, tout du moins, j'aimerais qu'il contribue davantage à notre vie commune. Mais il pense que les choses matérielles sont un gaspillage d'argent, alors si je veux une jolie maison ou une belle garde-robe, je dois la créer moi-même de ma poche."
DashDividers_1_500x100_3
Lauren, 49 ans
Lauren est mariée depuis 21 ans. Elle gagne actuellement environ trois fois le salaire de son mari. "Nous avons un compte commun que nous utilisons pour toutes les dépenses", dit-elle. "Lorsque nous nous sommes mariés, j'ai pour ainsi dire pris en charge toutes les finances. Mon mari déteste s'en occuper, alors je m'occupe de tout ce qui touche à l'argent. Nous en parlions davantage lorsque nous étions plus jeunes et que nous gagnions moins."
S'ils ne se disputent pas au sujet de l'argent, il y a un aspect qui frustre Lauren. "Je ressens parfois un peu de rancoeur du fait que non seulement je ramène la majorité de notre argent à la maison, mais que c’est aussi à moi de gérer le budget. Ça veut dire que c'est moi qui me fais du souci pour nos finances."
Publicité
DashDividers_1_500x100_3
Kylie, 23 ans
"Je gagne 52 800 dollars (44 663 €) par an, et mon partenaire est actuellement au chômage", explique Kylie. "On a tous les deux obtenu notre diplôme en mai 2020 et je travaille depuis juin 2020. Il a travaillé à temps partiel à distance pour son job à la fac jusqu'en avril 2021, avec un salaire mensuel de 500 $ (423 €). Depuis, il est sans emploi, mais cherche activement du travail et passe des entretiens." Kylie est en couple avec son partenaire depuis quatre ans.
"Nous payons tous les deux notre part du loyer, et il règle le paiement de sa voiture et son assurance. Je paie pour tout le reste. J'ai accepté de payer les courses/les charges/les repas à l'extérieur jusqu'à ce qu'il trouve un poste salarié à temps plein. Je n'avais juste pas réalisé que ça prendrait plus d'un an. Merci, le Covid !" dit-elle.
"Nous ne nous disputons pas vraiment, mais nous avons eu quelques désaccords sur le point où il devait prendre le taureau par les cornes et se trouver un emploi dans une chaîne de supermarchés, un fast-food, ou autre", poursuit Kylie. "Par exemple, si les rôles étaient inversés, j'aurais trouvé un boulot quelque part, même si ce n'était pas forcément lié à mon diplôme ou très bien payé, juste histoire d'avoir un revenu - alors que pour lui, accepter un emploi au salaire minimum (ou légèrement au-dessus) avec un diplôme universitaire est dégradant voire embarrassant."
"Une fois qu'il aura trouvé du travail, nous partagerons très probablement les dépenses à 50/50, car c'est ce que nous faisions lorsque nous vivions ensemble à l'université et que nous travaillions tous les deux à temps partiel", dit-elle. "Je pense que si l'un de nous finit par gagner plus de 50 000 $ (42 298 €) de plus que l'autre, alors à ce moment-là, nous passerons à un partage proportionnel."
Publicité
"Je ressens parfois beaucoup de rancœur à l'idée de devoir payer pour presque tout. À l'inverse, je me sens coupable de dépenser de l'argent pour m'acheter des vêtements ou des produits de beauté parce qu'il n'a vraiment pas d'argent à dépenser pour ces petits luxes", explique Kylie. "Et puis je me sens coupable de ne pas lui proposer de lui acheter plus de choses, mais ensuite je me rappelle que je paie pour la tous ses besoins de base, puis je repasse à la rancoeur, et le cycle se répète encore et encore et encore."
DashDividers_1_500x100_3
Shannon, 24 ans
"Je gagne 133 500 $ (112 904 €) avec une prime annuelle de 5 à 10 % et 25 000 $ (21 141 €) par an en unités d'actions restreintes (UAR). Mon partenaire touche 15 000 $ (12,684 €)", explique Shannon, qui est en couple depuis deux ans. "Nous partageons nos dépenses proportionnellement à nos salaires de base, donc je couvre plus de 90 % des dépenses."
"Quand on s'est rencontré à la fac, on gagnait des salaires assez similaires, donc on partageait les dépenses à parts égales ou presque", dit-elle. "Nous épargnons tous les deux et avons des habitudes de dépenses similaires - plutôt économes, sauf en ce qui concerne les livres et le café. Lorsque j'ai commencé à travailler et que mon partenaire a entamé des études supérieures, il était juste que nous commencions à contribuer en fonction de nos revenus. Je gagne plus de dix fois son salaire, et c'est moi qui avais peur de l'exploiter financièrement, donc on se fixe des rendez-vous chaque mois pour parler d'argent et on discute souvent de nos achats."
Publicité
"Parce qu'à une époque, nous gagnions tous les deux de maigres salaires en tant qu'étudiants, j'ai un besoin de contrôle quand je commence à éprouver du ressentiment à l'idée de payer pour tout", explique Shannon. "En plus de vivre dans une région où le coût de la vie est élevé, le fait de voir s'additionner toutes ces dépenses à la fin du mois est impressionnant".
"Cependant, j'ai surtout peur d'abuser financièrement de mon partenaire sans le vouloir ", poursuit-elle. "Mon père l'a fait avec ma mère, et l'énorme différence de salaire entre le domaine de mon partenaire et le mien (professeur de lycée contre ingénieure) me rend encore plus vigilante pour m'assurer que mon partenaire et moi avons des conversations ouvertes sur l'argent. Je me sens coupable du fait que je peux épargner et investir autant, si rapidement, et que mon partenaire n'aura pas cette opportunité avant peut-être de nombreuses années dans sa carrière d'enseignant - mais ce n'est rien comparé à ce que je gagnerai dans le domaine de la technologie."
DashDividers_1_500x100_3
Emma, 27 ans
Emma est en couple depuis deux ans. Elle gagne 93 000 $ (78,605 €), tandis que son conjoint gagne 36 000 $ (30,428 €). Malgré la différence de salaires, ils divisent leurs dépenses à parts égales. "Nous en avons parlé et nous avons décidé de faire 50/50", explique Emma. "À mesure que nous avons changé d'emploi, j'ai proposé d'ajuster en fonction de nos salaires, mais mon partenaire a voulu garder le rapport 50/50. Je pense qu'il est un peu trop fier et que ça cache une part de machisme. Mais comme il est économe, je pense que ça ne le dérange pas trop."
Publicité
"Je dépense plus facilement mais j'investis aussi plus activement", dit-elle. "Avant, ça me faisait culpabiliser, mais plus aujourd'hui. Mon partenaire ne 'veut' tout simplement pas de ces choses autant que moi, donc il choisit de ne pas dépenser, même s'il en a les moyens."
DashDividers_1_500x100_3
Julia, 28 ans
Julia est en couple avec son partenaire depuis sept ans maintenant. "Je gagne 55 000 dollars (46 486 €) et mon partenaire 100 000 dollars (84 509 €)", explique-t-elle. "Mon partenaire s'occupe des grosses dépenses comme l'hypothèque, les rénovations, les voyages, les gros achats, et je m'occupe de tout ce qui se passe entre nos quatre murs, y compris tous les services publics, la nourriture, les abonnements. Nous avons un compte commun pour les 'achats familiaux' pour les dépenses de notre fils."
"Mon partenaire et moi avons choisi de garder nos finances principales séparées en raison de différences à la fois culturelles et dans nos habitudes de dépenses. Nous parlons très souvent d’argent et sommes transparents au sujet de nos comptes, nos objectifs et nos dépenses", dit-elle. "Mon partenaire a grandi dans un pays du tiers-monde, alors que je n'ai jamais vécu qu'aux États-Unis. Si nos objectifs à long terme sont les mêmes, nos habitudes de dépense au quotidien sont très différentes. Par exemple, ma passion pour les chevaux peut représenter un coût important. Mon partenaire choisit de vivre bien en dessous de nos moyens afin d'avoir une plus grande liberté financière à l'avenir, et je fais de mon mieux en me ménageant une certaine marge de manœuvre. Au début, il était difficile d'accepter que nous gardions nos finances séparées, mais maintenant, je n'imagine pas faire autrement."
L'objectif de Julia est de dépasser un jour un salaire à six chiffres et de créer un partage plus équitable. Elle dit qu'elle se sent parfois coupable de ses dépenses pour ses chevaux. "J'ai adapté et réduit mes dépenses autant que possible pour pouvoir justifier, dans mon esprit, ce que je dépense", dit-elle.
*Les noms ont été changés pour protéger l'identité

More from Work & Money