Festival de Cannes : le film queer qui fait le buzz

Photo: Courtesy of Lilies Films.
À chaque festival du film, son film qui sort du lot. Vous savez ce film dont tout le monde parle, celui qui s’invite dans toutes les conversations jusqu’à ce qu’il sorte enfin dans les salles. Pour ce 72e festival de Cannes, il semblerait que ce film soit Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, dont la projection a eu lieu ce week-end.
Dans ce film en français, on peut voir Noémie Merlant dans le rôle de Marianne, une artiste peintre du 18e siècle engagée pour brosser le portrait de mariage de la jeune Héloïse (Adèle Haenel). Seulement voilà : Héloïse n’a aucune intention d’accepter ce mariage, et refuse donc de poser pour le tableau, forçant ainsi Marianne à prétendre qu’elle est une domestique afin de gagner sa confiance.
Publicité
Cette histoire d’amour en costumes d’époque a été comparée aux films Call me by your name de Luca Guadagnino, Lady Bird de Greta Gerwig, la Leçon de Piano de Jane Campion et à Belle de Amma Asante. Sa splendide cinématographie fait déjà beaucoup parler d'elle sur Twitter.
Le succès que rencontre ce film auprès des critiques est tout particulièrement important si l’on considère le bilan médiocre de Cannes en termes de sélection et mise à l’honneur des réalisatrices. Cette année, sur les 19 films proposés, seul quatre sont réalisés par des femmes — Les Miserables de Ladj Ly, Little Joe de Jessica Hausner, et Sybil de Justine Triet si on veut tenir les comptes — en dépit des contestations qui avaient eu lieu sur les marches l’année dernière pour dénoncer les injustices auxquelles font face les femmes dans l'industrie cinématographique. C’est pour le jury que le changement est le plus significatif, avec quatre femmes — dont Elle Fanning, la plus jeune membre de toute l’histoire — sur un total de neuf membres.
Longtemps, les organisateurs de Cannes ont avancé que la raison à ce manque de parité était simplement le fait que la qualité des films réalisés par des femmes n’était pas à la hauteur, ou encore, et c’est mon excuse préférée : très peu de films réalisés par des femmes sont sélectionnés, car très peu sont proposés. C’est une excuse trop facile à mon goût et on en a maintenant la preuve : Portrait de la jeune fille en feu est en lice pour la Palme d’Or et tout indique que le film a de bonnes chances de remporter le prix. Si c’était le cas, cela ferait de Sciamma la seconde femme à jamais recevoir cet honneur, après Jane Campion pour la Leçon de piano en 1990. Mais comme le souligne la critique Valerie Complex, cette victoire aurait une signification toute particulière, car Portrait de la jeune fille en feu met en scène une histoire d’amour queer, avec en vedette des actrices qui s’identifient comme LGBTQ+, tout comme c’est le cas pour Sciamma.
Publicité
Le buzz autour de Portrait d’une jeune fille en feu est tellement important que même le directeur Xavier Dolan, dont le film Matthias & Maxime est également en compétition cette année, ne tarit pas d’éloges. Dans un post Instagram percutant, le réalisateur chouchou de Cannes écrivait : « Même en cherchant bien, je n’arrive pas à me souvenir de la dernière fois que j’ai pu entendre une écriture si délicate, si incisive, si profonde dans une salle de cinéma. Un Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma est une véritable chef-d’oeuvre ! »
En résumé : c’est un film à voir absolument !
Publicité

More from Movies