Don d’ovocytes aux USA : 3 donneuses racontent l’envers du décor

Photographed by Eylul Aslan.
Durant les 42 ans qui se sont écoulés depuis son invention, plus de 8 millions de bébé sont nés de la fécondation in vitro (FIV). En France, plus d’un bébé sur trente naît d’une FIV. Bien que la plupart des personnes qui optent pour la FIV le font avec leurs propres ovules, en 2016, les ovules de donneurs ont été utilisés pour près de 4 000 traitements.
Comme l'explique le New York Times, le Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) recueille des informations sur le nombre de cycles de fécondation in vitro effectués chaque année, mais personne ne suit les personnes qui font don de leur ovocytes : "Une fois que les donneuses passent la porte, les antécédents médicaux sont perdus à tout jamais". Le processus de don implique une stimulation ovarienne par injections qui a pour but la production de nombreux ovules en une fois, au lieu d'un seul ovule comme c’est généralement le cas à chaque cycle. Une fois que les ovules sont produits, ils sont retirés par une procédure chirurgicale mineure.
Certaines personnes expriment des inquiétudes quant au fait que la stimulation ovarienne, en particulier de manière répétitive, peut avoir des conséquences à long terme sur la santé, comme l'augmentation du risque de cancer du sein ou des ovaires. Mais jusqu'à présent, les effets à long terme sur la santé n'ont pas été suffisamment étudiés. 
D'autres soulèvent des préoccupations d'ordre éthique : le don d'ovules est gratuit et anonyme en France, mais chaque année, plusieurs milliers de Français vont chercher dans un autre pays européen les gamètes qui leur manquent pour fonder leur famille. Certaines cliniques privées à l'étranger vont payer beaucoup plus aux donneuses qui ont des "caractéristiques désirables" — ce qui signifie qu'en fonction de l'origine ethnique, ou de la race, certaines personnes seront payées plus que d'autres si elles correspondent à un idéal de beauté ou si elles sont diplômées de grandes universités par example. "Une femme noire pauvre ou une femme hispanique pauvre ne souffre pas moins [pendant le processus] qu'une personne asiatique ou juive ou qu'une personne diplômée de Stanford", avait déclaré la bioéthicienne Laurie Zoloth au Los Angeles Times en 2012. "Le fait que nous pensions que ces gamètes ont une valeur particulière en fonction de la race et de la classe sociale est vraiment l'un des exemples les plus frappants de la façon dont le capitalisme a pénétré le marché du corps humain". 
Nous avons parlé à trois femmes qui ont fait don de leurs ovules aux États-Unis : deux anonymement et une à des amis proches. Découvrez leur témoignage dans ce diapo poignant.

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