Comment Tan France a pris sa retraite à 33 ans

Photo : Roy Rochlin/Getty Images.
Avant Queer Eye, Tan France avait déjà réussi à prendre sa retraite. À peine âgé de 20 ans, le chouchou de la mode de Netflix avait lancé sa propre ligne de vêtements, Kingdom & State, qu'il a revendue alors qu’il avait 33 ans — on peut donc dire qu'il en connait un rayon pour ce qui est lancer une entreprise florissante. Mais son aventure n'e s'est pas faite sans embûches. Pour joindre les deux bouts, Tan France a accepté une multitude de petits boulots pendant qu'il faisait la navette entre son Royaume-Uni natal et les États-Unis, où son entreprise était établie. Ce faisant, il a cumulé de gros frais de déplacement. C'est pourquoi il est maintenant partenaire de TransferWise, une carte de débit Mastercard qui permet d'effectuer des payements dans plus de 40 devises, au taux de change réel. Nous avons demandé à Tan France quels étaient ses conseils pour lancer sa boite, comment sa vie a changé depuis Queer Eye, et lequel de ses collègues dépense le plus en chaussures.
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Refinery29 : Racontez-nous, comment avez-vous réussi à prendre votre retraite à 33 ans ?

Tan France : J'aimerais vous dire qu'il existe une formule toute faite, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est ceci : j'ai pris, à mon avis, de bonnes décisions en ce qui concerne mes finances et mon entreprise. Avec mes nombreux voyages en Chine, en Inde et en Angleterre j'ai dépensé une fortune. J'étais constamment en déplacement, et il n’existait à l’époque pas de carte comme celle de TransferWise. Je dépensais donc un paquet d'argent sans même le savoir à cause du taux de change. Avant de lancer mon entreprise, j'ai décidé d'économiser, afin de pouvoir la financer. Aucune levée de fonds n’a donc été nécessaire. J'en ai appris le plus possible sur toutes les facettes de l’entreprise, ce qui m'a permis de la diriger moi-même tout en étant le seul employé pendant les deux premières années. Et puis j'ai décidé de prendre un job à temps partiel — deux en fait — pour ne pas avoir à sortir de fonds de l'entreprise pour payer mon salaire.

C’était quoi ces jobs à temps-partiel ?

Il y en a eu tellement ! Je faisais la navette entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Je passais quelques mois aux USA et quelques mois au Royaume-Uni, et ça a duré presque 6 ans. Il m’était donc impossible de travailler à temps complet, et encore moins en CDI. Donc, à chaque fois que je rentrais en Angleterre, je travaillais à temps partiel en CDD. J'ai travaillé dans un cabinet d'avocats, comme préposé à l'entrée des données dans une entreprise de services publics, responsable du protocole de triage des patients dans un institut de santé mentale. J'ai accepté toutes sortes de jobs. À chaque fois que je rentrais, je faisais en sorte de me trouver un ou deux petits boulots.
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De quelle manière ont évolué vos habitudes de dépenses et d’épargne (si elles ont évolué) depuis Queer Eye ?

Les garçons se moquent souvent de mon côté économe. Et ça tient en grande partie au fait que je n’ai pas du tout changé ma façon de dépenser. Je n'achète pas de vêtements de luxe. Lorsque je dois me rendre à un événement, je préfère emprunter les vêtements, c’est une pratique courante dans notre industrie. Mais je ne ressens pas le besoin de dépenser des fortunes en vêtements de tous les jours. J’en ai déjà bien assez comme ça. À part ça, ma vie est restée plus ou moins la même. J’habite toujours au même endroit qu’avant le lancement de l’émission, je continue de fréquenter la même salle de sport et la même petite épicerie à côté de chez moi. Je ne me suis pas mis à faire mes courses chez Whole Foods juste parce que je gagne mieux ma vie maintenant. Cela me permet donc d’épargner beaucoup. Et oui, les garçons trouvent ça vraiment ridicule — ils me disent, pourquoi gagner autant d’argent si ce n’est pour le dépenser ? Mais on ne sait jamais ce qui peut se passer. Cette carrière peut très bien disparaître de jour au lendemain, je préfère donc être prudent avec mes dépenses.

Qui est la personne la plus économe après vous ?

La personne la plus économe après moi serait sûrement Bobby. Bobby et moi étions chefs d’entreprise avant de commencer à travailler sur l’émission, donc je pense qu’on a une meilleure idée de la façon de gérer nos finances et on a plus conscience de la valeur de l’argent que les autres. Ce n’est pas une manière de les dénigrer — c'est juste que quand on est chef d'entreprise, on comprend réellement où passe chaque centime. C'est peut-être pour ça qu'on est toujours les plus économes de la bande. Et puis celui qui dépense le plus, c'est sans aucun doute Jonathan, mais c'est parce qu'il aime les chaussures. Ce garçon aime ses chaussures plus que quiconque. Donc oui, je pense qu'il est probablement le plus dépensier de nous tous. Mais ça se remarque, il est toujours absolument fabuleux sur le tapis rouge.
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Avez-vous respecté un budget pour en arriver là ?

J'ai essayé quand j'étais plus jeune, avant de lancer ma boite. J'avais l'habitude d'allouer un budget à des choses autres que mon loyer et mes factures. Et je dois avouer que je n'ai jamais été très doué pour m'y tenir, même si je suis très responsable financièrement. Je pense qu'il n'est pas réaliste de croire qu'on peut s'en tenir à un budget très serré, parce qu'on doit inévitablement faire face à des imprévus. En ce qui me concerne, tant qu'on met de l'argent de côté, le reste devrait être dépensé de la façon que vous jugez appropriée.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un dans la trentaine qui veut prendre une retraite anticipée et épargner sérieusement ?

Prenez le temps d'étudier chaque aspect de la tâche que vous souhaitez entreprendre. Par exemple, si vous décidez de créer votre entreprise, je vous conseillerais d’en apprendre le plus possible avant de vous lancer. Il est aussi important d'être en mesure d'économiser autant d'argent que possible sur votre salaire, et de choisir une industrie que vous savez n'est pas déjà massivement saturé. Et mon dernier conseil, c'est de choisir une ville pas trop chère pour démarrer votre entreprise. J'ai par exemple opté pour Salt Lake City — et non New-York ou Los-Angeles. Je voulais maintenir mes coûts le plus bas possible, et c'est ainsi que j'ai réussi à en arriver là à 33 ans.
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