Oui, on peut être en faveur de l’avortement et pleurer une fausse-couche

La semaine dernière, Chrissy Teigen et son mari, le chanteur John Legend, ont partagé la nouvelle bouleversante de la perte d'une grossesse.
"Nous sommes sous le choc et vivons le genre de douleur profonde dont on n'entend que parler, le genre de douleur que nous n'avions jamais ressentie auparavant", a écrit Teigen dans une publication intime et profondément émouvante sur Instagram. "Nous n'avons pas réussi à stopper l'hémorragie et à donner à notre bébé les fluides dont il avait besoin, malgré les nombreuses perfusions sanguines. Ca n'a tout simplement pas été suffisant". La mère de la star a également partagé sa peine sur le réseau.
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Si de nombreuses réactions à ces messages ont été positives et encourageantes, d'autres commentaires... moins. Parmi les commentateurs accusant Teigen de trop partager, on trouve ceux qui ont utilisé la profonde douleur de la famille comme une occasion de critiquer le couple pour sa position sur l'avortement.
"En espérant que Chrissy Tiegan [sic] et John Legend réévaluent leur opinion sur l'avortement après leur expérience déchirante," a tweeté Errol Webber, un candidat républicain pour le 37ème district de la Chambre de Californie qui n'a obtenu que 7,6 % des votes primaires. "Ce n'est pas qu'un amas de cellules. Soit c'est un bébé, soit ce n'en est pas un."
Utiliser la tragédie humaine pour faire avancer un agenda politique est incroyablement insensible, surtout si peu de temps après le traumatisme. Le raisonnement qui sous-tend ce genre de message ignore également le fait que de nombreuses grossesses désirées se terminent par un avortement - et plus généralement, il passe grossièrement à côté de ce que signifie être favorable à l'accès à l'avortement et au droit à l'avortement.
Il est possible de soutenir le droit d'une personne à l'avortement, à l'accès aux soins de santé génésique et à l'autonomie corporelle, tout en pleurant la perte d'une grossesse désirée.
"Chrissy peut faire le deuil de sa fausse-couche et en même temps soutenir toute personne qui fait le choix d'une interruption de grossesse. Ces deux points ne sont pas contradictoires. En réalité, ils sont cohérents, car il s'agit d'honorer les personnes, en particulier les femmes, dans leurs expériences profondément personnelles de la grossesse", déclare Sung Yeon Choimorrow, directrice exécutive du National Asian Pacific American Women's Forum.
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"La décision de devenir parent est l'une des plus importantes qu'une personne puisse prendre dans sa vie, et avoir la liberté d'interrompre une grossesse ou d'avoir un enfant en toute sécurité et de l'élever dans un environnement sain sont les objectifs de la justice reproductive", poursuit-elle. "Ce n'est pas une contradiction. Tout le monde devrait avoir accès aux soins de santé, y compris l'avortement, et aux ressources nécessaires pour soutenir ses décisions concernant sa vie et sa famille".
Si le tweet de Webber vous fait perdre foi en l'humanité, le fait que des dizaines de commentateurs le critiquent pour son insensibilité vous apportera, espérons-le, un certain réconfort. "Un amas de cellules n'est rien de plus qu'un amas de cellules", a écrit @ScientistMel. "Si une personne veut que cet amas de cellules se développe en un être humain... c'est l'intention et le désir d'élever un humain une fois que l'amas de cellules peut se maintenir dans un monde sans assistance maternelle (interne)". Une autre personne a simplement demandé : "Qu'est-ce qui ne va pas chez vous ?"
"Chaque jour, dans le monde entier, des personnes font des expériences différentes quant à l'issue de leur grossesse.  Parfois, c'est par choix, et d'autres fois non", dit Choimorrow. " Quoi qu'il en soit, ce sont des expériences très personnelles et personne ne doit les juger".

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