Coupe du monde féminine : un boycotte contre les inégalités

Photo: Steve Bardens/Getty Images.
Ada Hegerberg, l’une des joueuses de foot les plus talentueuses de sa génération, a décidé de boycotter la Coupe du monde féminine de football 2019, afin de dénoncer les inégalités de salaire, des conditions, ainsi que de reconnaissance de la ligues féminine.
Hegeberg est devenu le visage emblématique de la nouvelle campagne #TimeForAction, organisée par L’UEFA.
La footballeuse, qui du haut de ses 23 ans détient un palmarès exceptionnel, avait débuté sa carrière professionnelle avec des clubs norvégiens alors qu’elle était adolescente, avant de rejoindre l’Olympique Lyonnais, en première division. On lui a décerné le titre de Ballon d’Or féminin en 2018, elle a reçu le prix de la meilleure joueuse européenne pour la saison 2015-2016 et a été élue meilleure joueuse par la BBC en 2017 et en 2019. Et pourtant, sa consécration ne s'est pas faite sans sexisme. Lors de la cérémonie du prestigieux Ballon d’Or en 2018, le présentateur lui a demandé si elle pouvait twerker sur scène.
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Bien que son opinion soit largement partagée, Hegerberger est la première à activement boycotter la Coupe de monde féminine pour faire entendre son point de vue. D’autres équipes et joueuses partout dans le monde se sont rassemblées pour protester contre la façon dont le foot féminin est traité en comparaison aux ligues masculines : la sélection féminine américaine de football a intenté une action en justice contre la Fédération américaine de football pour discrimination sous la forme d’une inégalité de rémunération et de traitement. D’après ce qui a été dévoilé durant le procès, l’équipe féminine recevrait en moyenne un salaire 40% inférieur à celui des hommes. L’équipe danoise a annulé un match de qualification pour la Coupe du monde à la suite d’un conflit salarial. L’équipe irlandaise a menacé de se mettre en grève.
Jusqu’en 2017, Hegerberg jouait pour l’équipe nationale de Norvège. Durant l’été 2017, elle a décidé d’arrêter, dans le but de dénoncer la façon dont la ligue féminine est traitée par la Fédération de Norvège de football.
L’Association norvégienne de football (AF) a apporté des améliorations significatives, telles que la promesse d’un salaire égal entre les équipes. Elle est la première à prendre cette route, mais Hegerberg est d’avis qu’il reste un long chemin à parcourir. « Un grand nombre de choses reste à faire pour améliorer les conditions des femmes qui jouent au football, » avait-elle déclaré lors d’une interview l’année dernière.
« Je crois que la décision d’Ada doit être respectée, » avait déclaré Nadine Kessler, directrice du football féminin au sein de l’UEFA. « Prendre le parti de renoncer à la Coupe du monde est une décision très courageuse. »
La Fédération de Norvège de football veut collaborer avec Hegerberg afin d’améliorer les conditions des équipes féminines. Nous sommes heureux que ce débat attire l’attention et le respect pour le football féminin dans le monde », a déclaré la directrice sportive et ancienne joueuse Lise Klaveness à l'AP. « Et cette décision est pour moi un grand vecteur de changement. Mais j’aurais simplement souhaité qu’elle joue dans notre équipe. »
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